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SITE INTERNET "WERS.ORG" (Usa) - 21 JANVIER 2005
Ambrosia Parsley donne vraiment l'impression d'avoir fait un pas en avant avec son groupe Shivaree. Même son nom - Ambrosia Parsley - semble fantaisiste, comme dans un rêve. On s'attends à ce qu'elle sorte d'un grand classique de la littérature.
Elle est arrivée aux studios de WERS, vendredi dernier, habillée d'un long manteau de fourrure usagé, bien décidée à raconter son histoire, mais ne regardant jamais franchement l'appareil photo, comme si elle sortait d'un autre age et était surprise par ce qui lui arrivait.
La musique de SHIVAREE porte également en elle ce côté desuet. Danny Mc Cough, clavier, et Duke Mc Vinnie, le guitariste, sont l'âme du groupe derrière les roucoulements sensuels de Ambrosia. Cela donne un petit peu l'impression d'entendre Suzanne Vega en train de séduire Tom waits un samedi soir au fin fond d'un restaurant enfumé.
Bien sur SHIVAREE se forme principalement autour de Ambrosia elle-même. Le groupe se compose de musiciens chevronnés. Danny McCough à fait quelques tournées en compagnie de Tom Waits, Ambrosia chante sérieusement depuis l'age de 7 ans (la route fut longue depuis...), et Duke McVinnie accompagne régulièrement Joan Baez en concert.
Le premier album de SHIVAREE sorti en 1999 eu énormèment de succés en Europe, mais connu une très petite distribution aux Etats-unis et passa complètement inapercu. Du coup leur 2eme album ( Rough Dreams) sorti en 2002, ne fut distribué qu'en Europe, soit disant pour une sombre histoire de maison de disque. Mais y'a t'il d'autres causes ?? Les paroles trop sombres, les chansons pas assez tranchantes... En tout cas, avec la sortie de cet album le succès de Ambrosia et de ses accolytes ne fit que grandir en Europe.
En avril 2004 elle commence un exercice difficile en tant que animatrice-chanteuse sur KWRC, radio américaine, où elle commente l'actualité en chansons. Quentin Tarantino tombe sur l'émission et décide d'inclure la chanson "Goodnight Moon" sur la BO de "Kill Bill 2".
En ce moment SHIVAREE est sur la route afin de promouvoir leur 3eme album "Who's got trouble ?". Un titre de disque qui peut sembler anonyme mais qui en fait cache des idées bien ancrées chez Ambrosia. Même la musique est assez ambigue. Tantôt calme et sensuelle, diabolique à d'autres moments, mais toujours élégante et séduisante....comme Ambrosia elle-même.

- Wers: Etes vous revenue en Californie lors des graves inondations de ces derniers mois ?
- Ambrosia Parsley : He bien toute ma famille gère une exploitation d'oranges dans la région, et ils ne sont pas vraiment équipés pour faire face à un tel déluge. Il faut savoir que les routes ont été tout de suite complètement inondées et impraticables. Les oranges de l'exploitation de mes parents sont parties avec les flots. On en retrouvait un petit peu partout en train de flotter en ville...C'était assez surréaliste. Nous étions assis sur le porche de la maison, et il y'avait les oranges qui passaient devant nous comme des petits bateaux partant à la dérive vers le centre ville...et il y'avait tellement d'eau que ça à duré un certain moment...
- Wers : Pour revenir à la musique, pensez vous que le public européen est plus réceptif à votre musique ?
- Ambrosia Parsley : Jusqu'à maintenant, c'est sur.
- Wers : Et quelle explication donnez vous à ce phénomène ?
- Ambrosia Parsley : Je ne sais pas. Peut-être que leur sensibilité est plus développée que la nôtre ? Maintenant allez savoir pourquoi une personne aime quelque chose plus qu'une autre... pourquoi est-ce que moi j'aime certaines choses et pas d'autres ?? J'aime une musique alors je l'écoute...c'est tout.
- Wers : Beaucoup de disques récents de Tom Waits sonnent assez folk, et Danny, votre clavier, tourne régulièrement avec lui et s'en inspire beaucoup. Peut-être est ce dû au fait que les européens ont plus de sensibilité avec la musique folk ?
- Ambrosia Parsley : Danny a fait le "variations tour" avec Tom. Vous savez nous sommes tous de grands fan de Tom Waits, et on nous compare souvent à lui. Mais c'est drole parce que je trouve que ce que nous faisons est complètement différent de sa musique. Mais je vous assure que je ne veux pas devenir Tom !! je veux juste m'inspirer de sa carrière.

- Wers : Comment Quentin Tarantino a t'il connu votre musique ?
- Ambrosia Parsley : Je n'en ai aucune idée. J'ai reçu un coup de fil un matin à la maison d'une de ses assistante. Il n'ont même pas pris contact avec notre maison de disque et je ne sais absolument pas comment ils ont eu mon numéro personnel. Par contre j'ai beaucoup d'amis qui travaillent dans le milieu du cinema, et je sais que l'un d'eux a bossé sur un film de Tarantino. Il écoutait beaucoup notre premier album dans sa voiture, et je pense donc que Quentin a entendu "Goodnight moon" lors d'une occasion comme celle-là. Et comme cet ami avait mon numéro....J'ai donc donné celui de notre maison de disque à l'assistante de Quentin Tarantino, ils ont téléphoné là-bas, et quelques heures après mon agent me rappelle en m'expliquant que Tarantino était un grand fan du groupe et voulait utiliser la chanson "Goodnight moon" pour "Kill bill 2"... je n'en revenait pas.. !! j'étais tétanisée.. comme une fillette en adoration devant sa chanteuse préferée...
- Wers : Vous n'avez pas une seule seconde pensé que cela pouvait être une blague ?
- Ambrosia Parsley : Non non non... c'était une femme très gentille au téléphone et son discours tenait la route. Elle ne pouvait pas feindre aussi naturellement.
- Wers : J'ai cru comprendre que le thème principal de votre dernier album était Casablanca ?
- Ambrosia Parsley : Juste la première chanson. Et le titre de l'album vient d'une chanson qui est chantée dans le film "Casablanca". La toute première que Sam chante dans le bar : "Knock on wood". Les paroles disent : "Who's got trouble ?" (ndw : qui s'ennuie ?") et tout le monde répond : "We've got trouble !" (ndw : Nous, nous nous ennuyons !"). Je regardais le film un jour de pluie à la maison et je m'ennuyais ferme. Vous savez dans le film il y'a des nazis qui investissent la ville, et les gens ont peur. Et puis tout d'un coup j'ai réalisé que "Casablanca" voulait dire "Maison blanche" en espagnol...et là je me suis dit que le sujet était peut-être encore d'actualité... j'ai écrit la chanson à ce moment là, le même après-midi. Des fois il y'a des sujets dont vous n'osez pas parler dans les conversations. Alors j'ai décidé de les chanter. J'aime faire cela car je chante vraiment ce que j'ai envie de dire et ce que j'ai au fond du coeur. Sur trois ou quatre chansons de l'album, c'est ce que je fais. Je chante des choses que je ne pourrais pas forcément dire autrement. Par exemple je parle beaucoup du président Bush...je l'encourage à arreter de nous mentir et de nous prendre pour des andouilles. Une vraie petite diablesse.

- Wers : Quelle a été votre inspiration pour le thème de la vidéo ?
- Ambrosia Parsley : Le clip a été réalisé par un ami photographe, Alvin Booth. D'habitude je n'aime pas beaucoup avoir mon visage en gros plan dans les vidéos. J'aime le son mais pas l'image en quelque sorte. Mais dans ce milieu, lorsque vous sortez un single, il faut automatiquement faire une vidéo. Alors il m'a supplié de le laisser la réaliser. Je lui ai donc donné le disque, en lui disant que c'était pour la première chanson, qu'il pouvait faire ce qu'il voulait.
- Wers : La vidéo fait penser à un vieux film de cabaret.
- Ambrosia Parsley : Oui car j'adore cette période. Je m'en inspire énormèment également pour ma musique.
- Wers : Avez-vous déja chanté dans un cabaret ?
- Ambrosia Parsley : Dans un vrai cabaret ? non... dans des clubs qui se transforment en cabaret certains soirs oui... mais jamais dans de vrais cabarets.
- Wers : A une époque vous chantiez dans des carnavals non ?
- Ambrosia Parsley : Dans des carnavals ? non jamais. Par contre lorsque j'étais enfant j'ai chanté avec une bande de 99 vieillards qui jouaient du banjo. Et ils jouaient sacrèment bien ! Nous chantions dans des pizzerias qui s'appellaient "Shakey"s". Je crois que j'avais 7 ou 8 ans. Je ne voulais chanter que des standards. Un jour je mangeais là-bas et il y'avait un concours de chants. Ils ont mis un micro sur la table et les vieux ont commencé à jouer du banjo. Le banjo n'a l'air de rien comme ça mais je peux vous dire que ca fait un sacré bruit, surtout lorsqu'il y'en à 99. Toutes les semaines suivantes nous avons continué à jouer ainsi. Un jour nous avons eu un contrat pour aller jouer dans une foire. C'est peut-être ça qui vous fait penser à un carnaval ? C'était complètement surréaliste !! Une gamine de 8 ans qui chante devant 99 vieillards qui jouent du banjo accompagnés par un type qui jouait de la basse avec deux cordes devant un seau et un autre vieillard sur une vieille harpe juive. C'est le moment le plus fort de ma vie d'enfant.
- Wers : Y'a t'il des enregistrements de ces performances ?
- Ambrosia Parsley : Non non non... Je ne pense pas.

- Wers : La plupart des membres de ce groupe doivent être morts aujourd'hui...
- Ambrosia Parsley : C'est terrible et drôle à la fois mais à un moment donné ils se sont mis à tomber comme des mouches ! La première semaine ils étaient 99 et la semaine suivante il n'en restait plus que 82. Un mois après il n'en restait que 54.
- Wers : Sur l'album il y'a un morceau qui s'appelle "Mexican boyfriend". Auriez-vous eu un petit ami mexicain ?
- Ambrosia Parsley : Oui, oui. Même plusieurs...! Mais celui dont je parle dans la chanson a été mon tout premier petit ami. J'avais 12 ans à l'époque, et lui 15. J'ai attendu deux jours entiers qu'il m'embrasse. Depuis, il est mort sur son vélo, ecrasé par une voiture. Toutes les filles dans le voisinage étaient folles de lui. Il était parfait. D'une gentillesse, d'une douceur... Et beau... beau beau beau !! Nous sommes toutes allées à l'enterrement. C'était d'ailleurs mon tout premier enterrement.
- Wers : Quel genre de scènes aimez vous évoquer dans vos chansons ?
- Ambrosia Parsley : Je ne sais pas trop. Cela dépend de l'inspiration. Vous savez chaque chanson est une histoire différente. Après il faut essayer de faire en sorte que les instruments collent bien entre eux et soient complémentaires avec l'histoire de la chanson. Nous ne faisons pas qu'un style de musique. Et certaines histoires vont mieux avec un morceau agressif, d'autres morceaux sont basés sur un rythme tango parce que c'est ce qui colle aux paroles. Certains morceaux réclament un banjo et d'autres une guitare saturée.
- Wers : Et certaines histoires réclament 99 banjos !
- Ambrosia Parsley : Et certaines histoires réclament 99 banjos, oui !!! J'espère juste que nous construisons des petits mondes avec nos chansons et que les gens se reconnaissent dedans. Qu'ils puissent imaginer l'histoire que nous voulons leur donner. Et ils ont même peut-être vécu certaines d'entres elles.
Aaron Ayscough

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