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JOURNAL "MAGIC" (France) - SEPTEMBRE 2007
NUMERO HORS SERIE SPECIAL BENJAMIN BIOLAY
Entre eux, la complicité est évidente. Envolé à Woodstock, dans les contrées d'Ambrosia Parsley, Benjamin a rapporté des images et des mélodies. De son côté, la charmante chanteuse de Shivaree piaffe à l'évocation de ce frenchy qui croit dur comme fer au rêve américain. Rendez-vous, qui sait, pour goûter les fruits de leur projet en gestation.
- Magic : Dans quelles circonstances as tu rencontré Benjamin pour la première fois ?
- Ambrosia Parsley : A l'occasion d'une émission de radio en France, lors de la sortie de notre album "Who's Got Trouble ?" en 2005. Parmi les autres invités , ce jour-là, il y'avait Coralie Clément, sa petite soeur. J'ai ainsi rencontré Benjamin dans les coulisses. Cela m'a fait plaisir car je possédais déja un de ses albums que j'appreciais beaucoup, "Rose Kennedy", sorti en 2001. Mais j'aime surtout ses morceaux à venir, ceux que nous sommes en train de réaliser... (Rires)
- Magic : Comment l'idée de cette collaboration est-elle venue ??
- Ambrosia Parsley : On s'était dit un jour que nous travaillerions ensemble. Comme je voulais venir à Paris et que j'avais besoin d'un pretexte, j'ai appelé Benjamin, je lui ai proposé de bosser quelques jours et il a tout de suite accepté. On a loué un petit studio et voilà. Le matin, j'arrivais, Benjamin me demandait si j'avais écrit des mélodies, je lui répondais "Oui Benjamin" et je les lui chantais sur un métronome. Ensuite je le laissais seul jusqu'au lendemain ou il me faisait écouter les parties qu'il avait ajoutées. Et là, on retravaillait ensemble jusqu'à la fin de la journée. C'était très amusant de bosser avec lui. Parfois j'essayais de le piéger : "Dis Benjamin, tu sais jouer du trombone ?" Et il revenait avec un trombone. Mais je ne me laissais pas abattre : " Au fait sais tu jouer du tuba ?" Bien évidemment il réapparaissait avec un tuba (Rires)
- Magic : Quel souvenir gardes tu de son passage à Woodstock, chez toi ?
- Ambrosia Parsley : Génial ! Je crois qu'il a passé du bon temps, lui aussi. Il a marché à fond dans le délire hippie, a faire ami-ami avec mes chiens. Mon mari et lui passaient des heures a parler de basket-ball. Je dis bien des heures...il devrait d'ailleurs écrire un disque entier là-dessus vu le temps qu'il y consacre. Quand il est venu chez moi, il a réalisé les arrangements de deux morceaux, "Paradise" de Phil Spector, et "My Hearts Belong To You" de Ike Turner, pour mon disque de reprises, "Tainted Love : Matin Calls And Fight Songs". Au fur et à mesure, on a esquissé deux trois titres originaux.
- Magic : Il a laissé entendre que les chansons que vous aviez composées seraient des tubes dans les années....50. Es-tu d'accord ?
- Ambrosia Parsley : (Rires à gorge deployée) Oui, que veux-tu, je ne peux pas résister.Son côté multi-instrumentiste me donne envie de le pousser dans cette direction : "Oh oui vas y joue du trombone à fond". Il aime se moquer de moi en disant que je suis démodée. Mais je pense que nous apprécions le même genre d'artistes, comme Gershwin par exemple. Pourtant ce sont aussi nos différences que je trouve très stimulantes. J'adore offrir mes services à quelqu'un pour voir ce qu'il en ressort après son intervention. Je suis très heureuse d'avoir pu ajouter Benjamin à ce petit cercle d'amis avec qui j'ai le loisir de travailler.
- Magic : As tu une anecdote particulière à raconter au sujet de son séjour Américain ?
- Ambrosia Parsley : Il me fait tellement rire car c'est un véritable petit yankee ! Il est très Starbucks et basket-ball ! Dès que j'essayais de faire ma Française, ca le gonflait. Je suis du genre à sortir le foie gras, alors qu'il ne réclame que des McDo !
- Magic : As-tu déja écouté son nouvel album "Trash Yéyé" ?
- Ambrosia Parsley : Le truc avec Benjamin, c'est que lorsque tu lui passes un coup de fil, il faut attendre un an et demi avant qu'il te rappelle. Nous sommes de très mauvais communicants. Donc, pour répondre à ta question, non, j'attends encore de pouvoir écouter son disque.
- Magic : Selon toi quelle est sa qualité première ?
- Ambrosia Parsley : Il aborde une journée de travail sans la moindre notion préconçue de ce qui pourrait en ressortir. Il est tout l'inverse d'un dirigiste. Il ne montre aucune agressivité lorsqu'il travaille.
- Magic : Et son principal défaut ?
- Ambrosia Parsley : Aucune idée. Parce que cela fait longtemps que l'on ne s'est pas vu et que l'on n'a pas passé du temps ensembles.
- Magic : A t'il une approche spécifique de la musique ?
- Ambrosia Parsley : Tu voulais un défaut, he bien je vais t'en donner un ! (Sourire) Benjamin est un musicien incroyable, SAUF quand il se met à la batterie. Il est vraiment très très mauvais ! C'est toujours une épreuve pénible que de le voir s'installer derrière les fûts et de supporter son jeu pendant l'enregistrement. (Rires)
- Magic : Pour conclure si tu devais le résumer en un mot ?
- Ambrosia Parsley : (en s'adressant à son mari) Chéri, tu dirais quoi, toi, si tu devais résumer Benjamin ? Irascible, peut-être ? Non... (Rires) Ah voilà : garçon ! Un très gentil garçon. S'il était assis là, à mon comptoir, je lui ferai griller un sandwich au fromage, tiens.
- Magic : Une dernière chose à ajouter ?
- Ambrosia Parsley : Si tu l'as au téléphone, dis-lui bien de m'appeller ! (Rires)
Estelle CHARDAC, Septembre 2007

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