Contact
Accueil
Mises à jour
Dernières news
Discographie
Interviews
Concerts
Concours
Photos
Vidéos
Trade
Liens |
|

On découvrait Shivaree en 2000 avec "I oughta give you a shot in the head for making live in this dump". Titre à rallonge qui en fera chavirer plus d’un : 500 000 exemplaires vendus en Europe et un tube incontournable : "Goodnight Moon". S'ensuit une énorme tournée de 17 mois.
Shivaree, (le nom du groupe, vient du mot "charivari", qui pourrait lui-même être synonyme de tumulte, tapage) existait pourtant depuis 1996, soit 4 ans et demi avant la sortie du premier album.
Le groupe s'est fondé autour de la rencontre de deux hommes et d’une jeune femme : Duke McVinnie, (Johnny Otis, J.J. Cale, Exene Cervenka), Danny McGough (clavier de scène de Tom Waits) et Ambrosia Parsley (chanteuse, guitariste).
 Son nom à elle, Ambrosia Parsley, elle le porte depuis sa naissance en 1972, ca n'est pas un pseudonyme, et c'est la même chose pour la musique. Au plus loin qu'elle se souvienne, elle voit son père et ses frères en train de jouer de la guitare et chanter dehors, sur le perron de la maison familiale. Des classiques country, surtout, et à l'occasion des negro-spirituals. Rien de plus normal pour une famille originaires de Virginie Occidentale, encore que le registre ait un peu changé une fois que la famille s'est installée dans la Vallée de San Fernando.
Et puis il y a Nanny, sa grand-mère, qui a plus de soixante-dix ans, mais qui continue vaille que vaille à jouer les classiques intemporels à la guitare hawaïenne (dont un de David Lee Roth !). Son grand-père, lui, passait sa vie à la mine pour rapporter un petit peu d'argent...
 Ambrosia Parsley
Si bien que personne n'est surpris quand la petite Ambrosia, avec ses dents en avant et son blue jean délavé, décroche son premier contrat à 9 ans : Il s'agit de chanter dans une Pizzeria "Shakey's" accompagnée d'un groupe composé de 99 (!!) joueurs de banjo du troisième âge. Et la voilà qui interprète " All Of Me " et " Goody Goody " pour les petits vieux, le dimanche après-midi.
Trépidant !!
Danny et Ambrosia se rencontrent au cours d'une soirée après un concert de Tom Waits dont Danny assure les parties de claviers.
La rencontre entre Ambrosia Parsley et Duke McVinnie est plus cocasse. Durant l'année 1996, celui-ci débarque en pleine nuit, après avoir fait en voiture le trajet depuis Portland pour un concert à San diego qui finalement n'eut jamais lieu. Il échoua sur le canapé d'un studio d'enregistrement dont s'occupait un de ses amis ou justement Ambrosia et Danny avaientt enregistré durant l'après-midi précédent. Duke, qui s'ennuyait ferme, décida qu'une petite personnalisation de son cru ne nuirait pas au travail de cette jeune femme qu'il ne connaissait pas du tout.
Le lendemain, lorsque Ambrosia arrive au studio pour travailler, sa réaction fut exactement comme vous l'imaginez : violente. Mais quand elle se fut calmée, il lui fallut bien admettre que ce sale type n'était pas si nul que ça et que son boulot de mix sur ses morceaux valaient une petite écoute. Les présentations furent faites, et en guise de punition elle lui fit parcourir le tour du pâté de maison à coups de pieds aux fesses, histoire de lui faire payer l'affront. Et ce même après-midi, ils écrivirent leur première chanson.
Après divers expériences infructueuses, dont une au cinema dans le film "Me and Will" où elle joue le rôle d'une...chanteuse, Ambrosia décide de revoir ses deux accolytes. Les trois compères travaillent enfin de façon sérieuse sur des chansons. Les bases du groupe étaient posées. Au départ ils voulaient que celui-ci s'appelle JUNEBUG, mais il était déja pris par un autre groupe, et ils se décident donc pour SHIVAREE, terme que Ambrosia avait vu dans une biographie de Jesse James
Auparavant Duke a joué avec Sam Taylor, la légende du blues de l'Arizona, puis ensuite avec Exene. Il décida pourtant ce jour-là de tout plaquer et de poursuivre sa carrière avec Ambrosia.

Duke McVinnie
Le premier album du groupe, « I oughta give you a shot in the head for making live in this dump », produit par Joe Henry, sort en mai 2000 et fut construit à la façon d’un road movie qui donne à écouter et à voir les grands espaces américains, habités par la poésie d’Ambrosia Parsley. Certains y voient même la bande son pour un film de David Lynch.
Cet album qu’on se repasse en boucle, affalé dans son canapé, heureux de se laisser transporter par la voix cristalline, enfantine, profonde, envoûtante et parfois rauque d’Ambrosia. C'est elle qui donne le ton dans Shivaree. Grande et élancée, elle semble envelopper par sa délicatesse et sa fluidité, des morceaux escarpés, mélancoliques, impressionnistes et rarement gais.
A côté de ses influences home made, la country dont son père est un grand fan, le ukulélé dont jouait sa grand-mère, elle se sent intimement liée à l’univers de la musique noire américaine.
Ambrosia voue quasiment un culte à Ray Charles : "aujourd’hui au paradis, assis à la droite de Dieu le Père qui est évidemment Louis Armstrong" dit-elle en ajoutant que "En plus de Ray Charles, Peggy Lee, Dr Seuss, Harold Arlen, Nina Simone, Gainsbourg & Piaf, Django Reinhardt, Gershwin contribuent largement à son processus de création."
On comprend alors que, pour elle, les mots comptent autant que le son. Pas étonnant de l’entendre dire qu’un personnage aussi sincère que Mohammed Ali la touche "pour sa façon de parler et de se mouvoir. Cet homme, ce n’est que de la poésie" dit-elle.
En 2002, le trio sort "Rough Dreams" (en hommage au "I've Got Dreams To Remember" d’Otis Redding) un album tout aussi riche en genres, tout aussi élégant, mais plus électrique et moins mélancolique.
L’album connaît un succès certain en Europe mais ne sortira jamais aux USA pour des raisons obscures de maison de disques. Peu importe, Shivaree en prend acte et commence à travailler sur de nouveaux morceaux. Le groupe séduit à nouveau le public par son talent musical et d’écriture, mais aussi par sa simplicité et notamment par celle d’Ambrosia.
Elle joue pourtant très peu de sa beauté. Elle fait partie de celles dont on dit que l’allure est simple mais sophistiquée. Elle en est parfois désarmante. Et du coup charmante, sincère, irrévérencieuse et même grivoise parfois lorsqu’elle est sur scène. Elle reconnait l’influence et l’inspiration de l’icône Marilyn Monroe : "j’aime la façon qu’elle avait de chanter et je la trouvais drôle."
Son cœur balance d’ailleurs aujourd’hui entre la quiétude des Catskills où elle s’est installée, au milieu de nulle part, et le glamour de Manhattan.

Danny McCough
"Who's Got Trouble", le troisième opus du band, sort fin 2004. Le titre est tiré d’une séquence du film "Casablanca" de Michael Curtiz. Onze morceaux, élégants, mélancoliques, doux et parfois amers. Cet album s’intéresse d’avantage à la politique sans pour autant s’inscrire dans la tradition du protest song : "je ne me considère pas comme une "protest writer". Je suis un écrivain. Mon quotidien, mes souvenirs, l’amour heureux ou malheureux, mes rêveries nourrissent mon écriture." Ce qui ne l’empêche pas, depuis presque un an, de chanter toutes les semaines sur Air America, une radio nationale très à gauche, un texte inspiré de l’actualité hebdomadaire. Un exercice d'improvisation exigeant qui l’enrichit et auquel se prête aussi Chuck D de Public Enemy, raconte-t-elle avec fierté !
Ensuite le groupe part en tournée de Février à Décembre 2005. Peu de temps après le batteur du groupe, George Javori, décède. Un concert hommage a lieu en Mars 2006 à New-York ou Ambrosia apparait enceinte. Elle accouche en Juin 2006. Elle profite de cette année sabbatique pour rester chez elle, avec son mari et son enfant, à Woodstock, dans le Vermont.
Elle profite de ces moments de calme pour enregistrer quelques titres avec Benjamin Biolay, ainsi qu'un disque de reprises de chansons d'amour qui deviendra le quatrième album de Shivaree : "Tainted Love : Mating Calls and Fight Songs", qui est sorti en Juillet 2007 aux Etats-unis et en Novembre 2007 en Europe.
Mais Ambrosia étant l'âme de Shivaree, elle en profitera pour sortir un album solo aux Etats-unis début 2008.
 |
|